Tous deux étaient en 3e pendant l'année scolaire 2003/2004, au collège Robert-Doisneau de Montrouge, tous deux étaient délégués. Déléguée de classe pour Mariluce qui se présentait pour la première fois, délégué des délégués du collège pour Ali, un vieux de la vieille, puisque dès le primaire, il était déjà élu par ses petits camarades. Pourquoi ? Comment ?... ils vous racontent.
Mariluce explique : « Tous les délégués que j'avais eus avaient bien fait leur boulot, cela m'avait donné envie de faire la même chose. Je souhaitais être « plus » dans la classe, avoir un rôle vraiment actif, aider les élèves à résoudre leurs problèmes. » Plus facile à dire qu'à faire ! Alors, au collège Robert-Doisneau, les nouveaux délégués suivent une formation de deux jours organisée par la Ligue de l'enseignement des Hauts-de-Seine* qui les prépare à leurs nouvelles responsabilités.
Mariluce raconte : « On nous a exposé des cas concrets dont on peut s'inspirer si l'on rencontre des situations similaires. Nous avons aussi fait des jeux de rôle. J'ai incarné un délégué qui devait aider des élèves en conflit, puis un prof en conseil de classe qui ne souhaitait pas parler d'un élève qu'il n'appréciait pas. Les autres défendaient l'élève en question. Cela m'a mis dans le bain. »
Ali a suivi cette formation alors qu'il était en 6e. Après plusieurs années d'expérience, il affirme :« Cela m'a notamment aidé, pour préparer le conseil de classe, à élaborer le questionnaire destiné aux élèves : Comment trouvez-vous l'ambiance de la classe ? Avez-vous du mal à vous entendre avec un prof ? Avez-vous des soucis pour faire vos devoirs à la maison ?... Les résultats de cette enquête sont strictement confidentiels, seuls les délégués les lisent.
Cela nous permet de cerner les éventuels problèmes des élèves en classe ou chez eux et de les défendre si des professeurs en disent du mal au conseil. »
Si bien que depuis des années, il a vu défiler bien des camarades. Élève momentanément mal à l'aise dans ses baskets, mésentente entre un prof et un élève. On vient lui demander de l'aide, à moins qu'il ne se propose spontanément s'il s'est déjà aperçu du problème.
« Ils n'ont pas de mal à venir nous parler car nous nous connaissons tous depuis longtemps. Notre classe tourne bien, il y a une harmonie », souligne Ali. D'ailleurs, depuis le début de cette année scolaire, aucun problème majeur n'a été constaté. Mariluce, qui n'a pas eu à intervenir, déclare : « Au cas où, je suis prête. Depuis que je suis déléguée, je suis plus attentive à ce qui se passe, c'est enrichissant de ne pas se contenter de connaître les gens à la surface. »
Cerise sur le gâteau, le délégué connaît les notes avant tout le monde, sait ce que les profs pensent des élèves ! « On découvre vraiment notre environnement, on comprend ce qui se passe autour de nous », affirme Ali. Et comme cette année, il fait partie des trois délégués administration (porte-parole de tous les délégués auprès de l'administration), il relaie les revendications : voyages, sorties, amélioration de la cantine, des sanitaires, etc.
« Oui, on se sent utile, on a l'impression de servir à quelque chose », conclut-il.
*http://www.ligue92.org/ Article réalisé par ATLP n°22, mars 2004