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Mercredi 03 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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LA DÉFENSE JAZZ FESTIVAL
David Neerman : "Parfois, je trouve que le vibraphone est l’instrument du gendre idéal." (© Manuel Lagos)

Défense jazz festival : David Neerman, multirécidiviste du festival


Le 24 juin 2008, le vibraphone de David Neerman a rencontré le balafon de Lanciné Kouyaté sur une esplanade qui a vibré.

- Hauts-de-Seine.net : Vous avez participé au concours, vous avez été membre du jury, et cette année, vous jouez sur l’esplanade : vous êtes un habitué de la Défense jazz festival !
David Neerman :
On peut dire ça comme ça, en effet ! Pour le concours, c’était il y a quatre ans : je faisais partie du groupe Paradigm, un sextet mené par le saxophoniste Luis Vina. Le groupe a remporté le premier prix d’orchestre, et Luis le deuxième prix de composition.
Et l’an dernier, j’étais juré… En fait, je remplaçais un copain, Laurent Bardainne, qui a eu un empêchement. Après accord du jury, j’ai pris sa place.


-HdS.net : Et ça fait quoi d’être juré ?
David Neerman :
C’est intéressant. Mais ce n’est pas facile de juger le jazz. Quels critères se fixer ? Il y a tellement de styles différents, c’est moins simple que pour le classique, où les violonistes jouent la même partition. Ce qui m’a plu également, c’est de voir comment fonctionne le jury lui-même.
Des tas d’écoles étaient représentées, ceux qui préfèrent le jazz traditionnel, ceux qui préfèrent le jazz plus avant-gardiste. Ceci dit, pour le premier prix, on ne s’est pas battu : Radiation 10 l’a emporté haut la main. Et ça tombait bien, pour moi aussi, y avait pas photo.


- HdS.net : Vous jouez en juin donc, avec Lanciné Kouyaté. Comment l’avez-vous rencontré ?
David Neerman :
Par une amie commune. Vous savez, qu’un vibraphone rencontre un balafon n’a rien de surprenant. Le balafon est l’ancêtre du vibraphone. Et puis, j’étais très séduit par la musique mandingue. Pour moi, c’est la musique de chambre de l’Afrique. De son côté, Lanciné était attiré par le jazz, il avait déjà joué avec d’autres vibraphonistes, mais ça n’avait jamais rien donné.


- HdS.net : À votre avis, pourquoi ça colle entre vous ?
David Neerman :
D’abord ce fut immédiat. Je suis allé chez lui, il y avait sa femme, les enfants qui nous couraient entre les jambes, on a joué, et ça sonnait. Ensuite, nous avons pris le temps de comprendre la musique de l’autre, d’approfondir les rôles de chacun des instruments, et puis à force, on a fini par se comprendre.


- HdS.net : Parlez-nous de votre instrument, le vibraphone…
David Neerman :
Alors remontons le temps : j’ai commencé par la flûte traversière. Devenu ado, je trouvais la flûte pas sexy du tout, alors j’ai fait de la batterie et des percussions classiques. C’est mon prof qui m’a fait découvrir le vibraphone.


- HdS.net : Et vous ne l’avez jamais quitté…
David Neerman :
Oh que si ! Disons qu’il y a eu des hauts et des bas. C’est vrai qu’au départ, j’aimais la pureté du son. Passé cette première phase, j’ai maudi le son de clochette de l’instrument, parfait pour illustrer des Walt Disney et faire apparaître les vilaines sorcières, mais comment exprimer quelque chose de profond ?
Puis un jour, j’ai écouté la "Musique pour cordes, percussion et célesta" de Bartók, et j’y ai vraiment apprécié la dissonance. Ça me rappelait la musique des films de Sergio Leone, dans lesquels, lors des duels, le petit son cristallin ajoute de la tension, l’air de rien.
J’ai travaillé dans ce sens : sur le timbre du vibraphone, et le contraste possible avec les autres instruments. Mon but n’est pas de faire de la double-croche à 300 à l’heure pour épater la galerie. Mais de faire que mon instrument se mette à sentir sous les aisselles. Voilà pourquoi je m’acharne sur lui.

[ En savoir plus ]


David Neerman / Lanciné Kouyaté, Kangaba : album à paraître en septembre 2008.
www.myspace.com/davidneerman 

www.ladefensejazzfestival.fr 

Mis à jour le 26 juin 2008
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