HdS.net : Quelle est la spécificité de cette Maîtrise ?
Gaël Darchen : Le principe éducatif est avant tout de trouver pour ces enfants une concrétisation sur le court, le moyen et le long terme. C'est différent du conservatoire, où l'objectif est d'aller au bout du cursus pour obtenir un diplôme. Notre projet motive les enfants tout de suite. Dès la première année, ils montent sur des scènes du département des Hauts-de-Seine.
HdS.net : En arrivant, ont-ils déjà pratiqué la musique ?
G. D. : Pas du tout, ce n'est pas obligatoire. Il faut avoir un minimum de qualité de voix, une bonne oreille et la vivacité d'esprit. J'essaie que ce soit des enfants réactifs tout simplement. C'est plus simple s'ils n'ont aucune formation. Ils sont, du coup, très ouverts et sans a priori.
HdS.net : Quel est le profil type ?
G. D. : Nous avons la chance d'avoir, dans cette structure, des enfants soit très brillants, soit inadaptés à un cursus scolaire mais avec une sensibilité artistique très forte. Cela donne une grande diversité avec un facteur commun, l'envie de chanter, évidemment.
HdS.net : Les parents sont-ils plutôt des initiés ?
G. D. : Ce qui est assez atypique, ce sont surtout les enfants qui initient les parents à la culture musicale de la Maîtrise. Certains parents ont complètement découvert l'opéra à travers leurs enfants.
HdS.net : Qui sont les enseignants ?
G. D. : Ce sont des chefs de chant ou des chanteurs, qui ont travaillé dans d'autres structures. Ils pratiquent leur art et peuvent mesurer les pressions que connaissent les enfants sur scène. Sur certaines productions, le poids sur les épaules d'un enfant soliste est le même que sur un Pavarotti. En ce moment dans Tosca, à l'Opéra de Paris, le petit pâtre est tout seul devant 2 300 personnes. Tout cela demande un accompagnement et un minimum de psychologie.
HdS.net : Que chantent-ils en général pendant leur cursus ?
G. D. : Ils ont une palette très vaste même si 80 % du répertoire de la Maîtrise est de la musique profane. Mais ils viennent de participer à des enregistrements pour Disney, un opéra-rock avec Roger Waters des Pink Floyd ou encore la musique d'un jeu vidéo pour Play-Station...
HdS.net : Après la 3e, que se passe-t-il ?
G. D. : À partir de 16 ans, ils peuvent rejoindre le choeur d'hommes ou l'ensemble vocal pour les filles. Tout en proposant un enseignement musical de qualité, nous ne sommes pas là pour préparer des professionnels. Très peu continuent dans la musique. Ils partent souvent sur un autre projet de vie...